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Découverte.

Durant tout l'été j'ai travaillé en recevant des personnes venant chez moi en individuel pour suivre des stages photo. Chacun choisit de s'initier, de se perfectionner ou opte pour un thème nature, macrophoto, photo animalière. Pendant cette période, je réalise peu de documents, mon emploi du temps est partage entre léanimation des cours et les excursions sur le terrain durant lesquelles les participants pratiquent ce qu'il ont découvert en théorie. Même si les destinations sont fréquemment répétées sur les sites habituels, je parviens à multiplier les observations.

J'ai suivi le castor à différentes époques de l'année à différentes heures de la journée, dans différentes situations, je peux ainsi compléter mes notes concernant des animaux ou des biotopes précis, que je visite regulièrement.

Ayant un peu de temps libre, je retourne aux abords de l'aérodrome avec un peu de matériel et des jumelles. Arnaud, de passage chez moi est de la partie. Après avoir garé la voiture, j'ai l'habitude d'attendre quelques secondes avant d'en sortir pour regarder autour de moi. Des corneilles et des pies sont sur la piste d'aterrissage, un tarin s'approche de branche en branche pour se retrouver "photographiable".

En parcourant le paysage avec les jumelles, je ne vois plus rien d'intéressant. En ouvrant la portière, des grives ques je n'avais pas remarqué s'envolent dans tous les sens. Je marche doucement, le 300 mm à l'épaule et les jumelles à la main, sur le chemin de sable et de galets, évitant de faire trop de bruit. C'est une après-midi d'hiver avec un ciel gris blanc, l'air immobile, le foird inhabituel qui annonce la neige. Je marche encore 100 mètres et m'accroupi près d'un saule afin de me dissimuler un peu. Plus loin, l'eau coure dans les galets. Je vais rester sur place près d'une heure sans voir d'autres mouvements que ceux de petits passereaux se déplaçant de branches en branches dans les arbustes en semblant chercher une protection pour la nuit. Juste de faibles piaillements. Soudain, Arnaud distingue une ligne formée d'une quinzaine d'oiseaux passant à plusieurs centianes de mètres. Battements d'ailes rapides, long becs assez fin, recourbés à l'extrémité, ce sont des cormorans.

Quelques minutes plus tard, d'autres traversent le ciel à basse altitude. Cette fois ils sont pres d'une cinquantaine et volent en formation V. Voilà qui nous donne un but pour les prochaines sorties. Nous rentrons, ravis d'avoir croisé des migrateurs...

Dès le lendemain, nous retournons approximativement au mê^mê endroit. Cette fois, nous nous installons en haut de la falaise qui domine l'Ardèche. De là, nous avons un point de vue imprenable et pouvons surveiller les passages des oiseaux. Dès notre arrivée, nous avons la visite de goélands qui suivent le cours de la rivière à la recherche de nourriture ?. Juste après, un héron se perche sur un arbre mort situé à 200 m de là. Pendant les deux heures qui vont suivre, nous observerons régulièrement les allées et venues de mouettes, goélands, hérons, corneilles. De temps en temps, mésanges à longues queue ou rouge-gorges inspectant les arbustes voisins.

Il est 11 heure lorsqu'une bande de cormorans attire nos jumelles. Pourtant, les oiseaux volent vers le nord. Seraient-ils à la recherche d'un plan d'eau pour se reposer avant de poursuivre leur migration ? Arnaud les suit à la longue-vue. Les oiseaux déjà loin décrivent une longue boucle dans le ciel avant de revenir dans notre direction. Il semble que les cormorans suivent maintenant le cour de la rivière. Si c'est le cas, ils vont passer juste sous nos yeux. Malheureusement, une poignée de secondes plus tard, ils décident de continuer tout droit au lieu de suivre le rivière qui fait un coude. Nous les suivons aux jumelles puis à la longue-vue. Deux à trois kilomètres plus loin, ils disparaissent derrière les arbres, probablement pour se poser dans la rivière qui doit repasser dans ce secteur. Ils arrivaient peut être de là lorsque nous les avons vu tout à l'heure. Je décide de faire un saut en voiture jusque là.

En arrivant, nous traversons un camping fermé six mois sur douze. Effectivement, des cormorans dispersés. Un, deux, trois à la fois s'envolent des arbres couvrant partiellement les hautes collines tombant à pic de l'autre côté de la rivière. Un héron vole au dessus de nous en criant de colère, nous avons dû le déranger. Le relief nous cache de la chaleur réconfortante du soleil, il fait froid dès qu'on se trouve à l'ombre. Pourtant, le paysage est agréable, l'eau ressemble pour les cormorans à une mer d'huile, le silence règne dans les anvirons, une brume légère donne à l'ensemble un côté sauvage. Je retourne chercher la valise et le trépied à la voiture ; nous allons suivre la rivière à pied. Je réalise quelques clichés au grand angle en prenant soin chaque fois d'installer le trépied car la lumière est faible. Lors de notre avance, nous observons régulièrement de petits groupes de cormorans en train de remonter ou de descendre la rivière. Un saule de soixante dix centimètres de diamètre est l'objet de convoitise de la famille de castors du coin. De nombreux copeaux entourent le pied de l'arbre. Les rongeurs n'hésitent pas à s'attaquer à un arbre de auinze mètres de hauteur pour profiter des fines branches tendres.