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Observations, suite".

Quelques jours plus tard, je reçois un objectif 300 mm, commandé depuis quelques temps. Ce matériel me permettra de faire davantage de photos animalières. Avec cette focale, les sujets sont rapprochés de six fois dans le viseur. En même temps, je dispose d'un converteur multipliant la focale sur laquelle il se trouve par 1,4 ; ainsi qu'un doubleur la multipliant par deux. Sur le 300, cela va donc correspondre à 420 ou 600 mm. Ces additifs modifient également l'ouverture du fait fait qu'ils "absorbent" de la lumière, la vitesse utilisée est moindre et cela complique un peu la situation.

Etant donc maintenant équipé d'un téléobjectif un peu puissant, je cherche à réaliser des images d'animaux. Comme entrainement au maniement et afin de mieux me familiariser avec cet objectif, je choisi une colonie de guêpier située à 20 mètres d'un axe routier important. Celle-ci se trouve à une quarantaine de kilomètres de chez moi. Je décide de m'y rendre durant l'après-midi car le soleil ne se trouve pas au bon endroit le matin. Le matériel est chargé dans le coffre et pendant une petite heure, je vais profitter du paysage que je traverse, m'arrêtant de temps en temps pour voler quelques images à la nature. Je reconnais les lieux, un hôtel fermé, une usine qu'on croirait désaffectée, c'est là, juste à côté. Les oiseaux sont habitués au passage des voitures et traversent la route sans arrêt pour aller chasser les insectes un peu plus loin. Les captures sont rapportées aux nids (plus exactement aux galeries !!), où les jeunes attendent impatiemment la becquée. Les passages sont alors incessants toutes la journée au dessus des différents véhicules qui passent sans prêter attention aux oiseaux parés de couleurs magnifiques.

Je suis stationné sur le bas-côté. Installé sur le siège passager, j'ouvre la vitre et amène l'objectif à hauteur de l'oeil. Malgré l'habitude qu'ont les oiseaux de voir des voitures, il faut noter qu'ils les observent en mouvement et pas à l'arrêt ; un objectif qui dépasse trop attirera leur attention alors qu'un autocar contenant des gens qui chantent à tue-tête ne les gènera pas. Rapidement, j'ai tendu une toile sur le toit de la voiture, ce qui me permet d'être plus libre de mes mouvements. Prenant garde à la laissr tomber assez bas, elle évite aux guêpiers de voir une silhouette se dessiner par transparence entre les vitre qui sont ouvertes pour faciliter la circulation d'air car il faut chaud.

Je charge le boitier avec de la 100 iso. Le but du jeu est d'utiliser le 300 avec le doubleur, focale resultante 600 mm F8. Avec un 600 mm, il est nécessaire de travailler à vitesse rapide, le 500ème est le minimum. L'ouverture 8 ne va pas dans ce sens...

Le temps de m'installer à mon aise, de prévoir un jeu d'accus de rechange pour le boitier et une gourde, les oiseaux reviennent se poser sur les fils téléphoniques à proximité. J'observe une soixantainne d'entrées de galeries, la moitié sont occupées et sept font l'objet de va-et-vients incessants de la part des parents qui ont plus de becs à satisfaire ou sont meilleurs chasseurs. Sur les sept entrées restantes, une est trop éloignée, deux sont sur l'arrière, ce qui obligerait des contorsions insoutenables ; il me reste dons quatre sorties à surveiller. Pendant une courte période, j'observe les couloirs aériens empreintés par les guêpiers, je remarque que chaque oiseau part dans la même direction pratiquement à chaque sortie de sa cavité. Cela me permets de prendre quelques points de repères ; je m'attends à voir partir l'oiseau de tel trou dans telle direction plutôt que telle autre...

Après une demi-heure dans la voiture, la température monte, l'air ne se renouvelle pas beaucoup. Doucemtn j'ai déposé le matériel sur le siège et saisi la gourde, l'instant suivant, une gorgée d'eau fraiche me redonne de la viguer, les voitures qui roulent vite créent un appel d'air qui secoue la mienne lors de chaque passage.

Je travaille en mode manuel, l'exposition est pré-réglée, il ne reste qu'à déclencher après avoir cadré et effectué la mise au point. Pour cadrer plus facilement un oiseau au 600 mm, je garde les deux yeux ouverts, le droit dans le viseur, le gauche à l'extérieur surveille le sujet ; il suffit de superposer les images obtenues par chaque oeil pour que le sujet se trouve dans le cadre... Au niveau de la mise au point, le problème est plus délicat, il faut être rapide et précis, trois images sur dix sont nettes, le cadrage correcte n'en conservera qu'une ou deux.

Depuis dix minutes, j'ai déclenché quinze fois, c'est signe que les allées et venues sont fréquentes. Lorsque je vois un oiseau arriver au nid, je cadre l'entrée et j'attends qu'il ressorte, essaie de faire la mise au point en le suivant ; s'il est à la fois net et suffisemment gros dans le cadre, il reste à appuyer sur le déclencheur.
Au bout d'une heure, la température de mon affut mobile a encore monté. Le bruit des voitures s'est fait oublié pour être remplacé par le chant continu des guêpiers. Les prises de vues sont entrecoupées d'observations. Ainsi, je remarque que les nourrissages semblent se faire par vague. La majorité des oiseaux part et revient en même temps. Les proies sont : papillons, cigales, coccienelles, guêpes et abeilles, coléoptères, libellules pour les plus courantes.