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Arrivés sur place à la même heure que la veille, nous renouvellons l'expérience en modifiant un peu l'emplacement des affuts. Nous les reculons de deux mètres par rapport au petit campagnol. Côté matériel de prise de vues, rien n'est modifié par rapport à la veille.
Par ailleurs, il fait toujours aussi froid et nous attendons impatiemment que le soleil veuille bien cesser de jouer à cache-cache avec les nuages.
Le sol gelé, la neige encore épaisse en forêt, le vent du nord qui nous "coupe" en deux me rappelle le dernier hiver que j'ai passé dans la région. Le mercure, déjà sous la barre des moins dix degrés durant la journée descendait encore de 15 ou 20 graduations pendant la nuit. Un matin, le froid avait tout gelé. Le bruit aussi s'était tût. Je regardais le thermomètre installés à la fenêtre : moins 42 degrés. Dehors, tout était givré, fixé par le froid. Sortant mon équipement d'extérieur, j'ai senti mon souffle geler dans les narines alors que je marchais tout juste depuis vingt mètres. Ce jour là, je n'ai réalisé que quelques clichés, tous au 28 mm car je ne voulais plus oter mes mouffles pour changer d'objectif. Moins d'une heure plus tard, j'étais sur le chemin du retour tant le froid m'envahissait...
Franck vient d'apercevoir l'hermine pénétrer dans le bas de bois. Je mets l'appareil sous tension. Le campagnol ne s'agite pas du tout ; il n'a pas remarqué le prédateur. Notre petit animal réapparait et se diriger vers la caisse en bois pour disparaitre dessous. L'instant d'après, elle file vers la remise sans se soucier de Franck, lui passe entre les jambes et décide d'aller voir s'il fait meilleur à l'intérieur.
Une nouvelle fois, transis, nous rangeons le matériel, plions les affuts et courrons profiter du chauffage de la voiture...
En rentrant vers le camp, je m'arrête plusieurs fois pour des images de paysages, des arbres ayant souffert des pluies acides, un tremplin de saut à ski qui défigure le paysage mais qui a une histoire. Un jour on a dit aux gens du voisinage : "il va y avoir lechampionnat du monde de saut à ski". Recevoir une telle manifestation pourrait nous permettre de construire un tremplin qui servirait ensuite aux jurassiens qui n'ont rien dans les environs pour s'entrainer dans cette discipline, etc, etc.
Lorsque le tremplin a été construit, les habitants avaient participé au financement ont appris qu'il s'agissait du championnat du monde junior. L'hiver H arriva, le mois M fut médiocre, le jour J la neige n'était pas là et le sol toujours vert...
Retour au lac, le ciel s'étant dégagé, nous partons en debut d'après-midi voir où en est le couple de grèbes huppés.
Ce que j'ai de mieux pour réaliser mes clichés est un 180 mmavec un convertisseur, soit environ un 290 mm ; ce qui n'est pas énorme. Cela équivaut à un grossissement de cinq fois, le grèbe n'étant pas très gros, j'espère qu'il voudra bien se rapprocher un peu...
Ma liste d'achat de matériel indique bien un 300 mm et je devrais en disposer d'ici quelques semaines. Avec les convertisseurs, cela correspondra a 420 et 600 mm.
Pour l'heure, je dispose d'une focale de 290 mm et lesgrèbes sont près du nid qui disparait pratiquement sous l'eau. En observant, je vois un jeune puis un deuxième. J'installe le trépied et déclanche une photo, mais déjà un adulte s'approche du nid. Les jeunes disparaissent sous les plumes et pointent leur petite tête entre les ailes qui vont les tenir bien à l'abri. Je continue de déclencher. Le temps est un peu voilé. De temps en temps, le voile de nuages désépaissit et laisse passer un peu plus de lumière. C'est à ce moment que j'espère une attitude, l'oiel collé au viseur.
Après quelques minutes à proximité, les oiseaux décident de poursuivre vers le lac et nous sommes maintenant trop éloignés pour des images... C'est la promenade de l'après-midi pour les jeunes apprentis plongeurs...
Nous passons rendre visite à des photographes en herbe installés dans une caravane à proximité du lac St Point. Autour d'un café chaud, ils nous montrent des oiseaux en train de couver dans un épicié à trois mètres de la caravane. Après observation, je vois une grive réchauffant ses oeufs. Le nid est situé à moins de deux mètres du sol... Mais je ne souhaite pas déranger les oiseaux au nid.
Ce matin, lachance n'est pas avec nous, le petit mustélidé ne visitera pas cette partie de son domaine. Demain ne sera pas meilleur ; notre affut ne donnera pas davantage de résultats.
Durant l'après-midi, je décide de rendre visite aux grèbes et fais à nouveaux quelques vues...
Le lendemain, il neige, sur les petits grèbes qui restent blottis sous les ailes de leurs parents.
La veille de notre départ, nous refaisons un passage auprès du nid de grèbes. Il ne reste qu'un jeune. Le froid a eu raison de l'autre jeune...
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