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Un départ.
Quelques jours plus tard, nous nous trouvons à cinq cent kilomètres de là ; le Jura, encore en partie sous la neige appelle la fin de l'hiver. Nous sommes à proximité de Pontarlier, sur une hauteur surplombant le lac St Point. J'ai choisi cette époque, car le froid n'est pas intense, il permet un couchage sous tente. Côté faune, en fin avbril ou début mai, les animaux sortent de l'hiver, ils ont une activité importante.
Je veux m'intéresser aux oiseaux d'eau et il ne faut pas attendre trop lontemps dans l'avancement de la saison ; à la fin du mois de mai les roseaux cachent les nids et les jeunes qui s'y réfugient.
Deux lacs voisins simplement séparés par une route et une roselière. Le lac St Point n'est pas le plus intéressant puisque nombre des berges sont aménagées. Le lac Remoray est classé réserve naturelle.
Lors de notre arrivée, nous avons pris la route entre les deux lacs ; pour jeter un oeil aux environs des roselières. L'opération est rapidement réalisée car la pluie est de la partie. Les giboulées de mars se présentent avec un bon mois de retard. En restant dans la voiture, je découvre plusieurs nids de foulques à quinze mètres. Les oiseaux sont sur les oeufs, semblant ne pas sentir la pluie battante. Tout à coup, un grèbe huppé s'approche et grimpe sur ce qui semble être une touffe d'herbe, en fait un nid pratiquement immergé. Sans chercher davantage, je sais que je vais revenir ici demain car les grèbes installent en général leur nids loins des accès (route..) ; les photos se font donc généralement à distance. I%ci, l'oiseau doit se trouver à douze mètres du bord, à quinze de la route. Ils sont habitués au va et vient, je peux facilement essayer quelques images...
La nuit qui s'est écoulée n'a pas dégagé le ciel et les nuages continuent de se vider. Restant dans la voiture, j'oberve à travers les jumelles par la vitre ouverte. Le niveau d'eau du lac à encore augmenté, ce qu'il reste du nid sera bientôt submergé. Un grèbe s'en approche pourtant... Il tombe des cordes et je n'ai emporté aucun équipement pour des prises sous la pluie. Je décide d'en rester là, une fois de plus ; et de passer voir un ami, réalisateur de films pour une émission sur la nature.
Nous passons quelques temps à échanger nos projets, je ressors avec un plan dessiné, localisant l'emplacement où il a filmé quelques jours auparavant les allées et venues d'une hermine. Deux photographes amateurs m'accompagnent pour cette sortie : Alain et Franck. Ce matin, ils vont débuter par les affuts, chose que nous n'avons pas effectué jusque là pour cause de mauvais temps. Après quelques kilomètres de route, nous nous arrêtons chez J-Philippe afins d'emporter "l'appat", un campagnol dans une petite cage sert à attirer l'hermine qui doit normalement rester à proximité. Un peu moins de trente kilomètres, une groose ferme sur la gauche, un panneau parking en face, un chemin de terre, deux cent mètres plus loin sur la droite, avec une maison devant la forêt. Nous avions les occupants de notre présence et commençons à nous installer.
Quelques minutes passent et les deux affuts sont tendus. Je suis au 180 mm et Alain au 200, Franck au 400. Mon objectif ouvre à 2.8, je ne peux utiliser davantage pour le moment si je souhaite travailler avec une vitesse un peu rapide, 60ème minimum. Nous sommes près de la maison qui nous cache du soleil. L'endroit où nous pensons prendre les photos ne sera pas éclairé avant une heure. IL est 8 heures lorsque nous nous trouvons immobiles dans les toiles camouflées. A cette heure, à l'ombre, en avril, à 1100 mètres d'altitude et à une poignées de kilomètres de Mouthe (appelé aussi la petite Sibérie) il ne fait pas chaud. Nous avons d'ailleurs les pieds dnas la gelée blanche absente aux endroits ensoleillés. Après quelques minutes, les bout des chaussures refroidit, une légère bise se met à souffler et nous réveille tout à fait...
Face à nous, un tas de buches empilées. C'est de plus loin, à une centaine de mètres, de la lizière de la forêt, que l'hermine devrait arriver.
Je la vois tout à coup sautiller joyeusement d'une pierre à l'autre. Elle zigzague et je la perds de vue avant de la retrouver l'instant d'après. Je peux l'observer sur une vingtaine de mètres avant qu'elle ne disparaisse à nouveau. De l'endroit où je me trouve, elle est masquée par le tas de bois.
Doucement, je me rapproche de mon trépied, je vérifie l'exposition de l'appareil au cas où... La petite boule de poilas réapparait avant de se faufiler dans les rondins. En sortant de la, elle s'approche directement du campagnol, renifle deux fois et poursuit son chemin pour pénétrer dans une remise. Tout juste le temps de cadrer, mais pas le temps de faire une mise au point.
Nous allons attendre 3/4 d'heure avant de la revoir. Cette fois, elle file directement vers le tas de bois. Notre appat n'a même pas le tempsd'être effrayé. La voilà qui ressort, se dirige vers Franck, et rentre dans la maison par un trou qu'elle a du creuser dans la porte.
Nous attendons encore 1/2 heure et décidons de plier bagages et affuts car nous sommes gelés.