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Voilà bien 3/4 d'heure que nous avançons par petites étapes en surveillant régulièrement ce qui se passe autour de nous. Profitant d'une zone éclairée par le soleil, nous marquons une pause destinée à nous réchauffer. Assis sur une valise, je savoure le paysage superbe dans lequel je suis plongé.

Une bande de tarin passe au dessus de nos têtes. De petits cris sortent d'un buisson à quelques mètres, il s'agit d'un roitelet qui cherche sa pitance. Sur un pêcher dépouillé de ses feuilles, Arnaud a repéré un petit rapace, il installe sa longue vue pour découvrir un épervier qui s'envole juste après avoir été identifié... C'est le troisième que nous voyons depuis ce matin. Les buses sont nombreuses, nous avons observé deux phase claire à proximité.

Nous entendons à nouveau le pic vert sans le voir, Il ne doit pourtant pas être bien loin.

Les sacs sont remis à l'épaule ou sur le dos et nosu reprenons notre progression toujours accompagnés de hérons, goélands ou cormorans.
Un martin pêcheur frôle la surface de l'eau et se perche sur une branche qui la surplombe.

Une peu plus loin, la rivière amorce un virage vers la gauche. C'est en atteignant cet endroit plusieurs cormorans volant, semblant s'amuser au dessus de la rivière à 500 mètres de là. Un oiseau vient de se poser dans un arbre de la rive droite. En posant la longue-vue, nous apercevons d'autres oiseaux dans les arbres blancs. Ce que nous avons d'abord pris de loin pour du givre est à bien y regarder avec la lunette de la végétation couverte de fientes. Il s'agit d'un dortoir à cormorans.
Nous progressons encore un peu avant de stopper pour enregistrer encore quelques vues. Un pic vert qui ne s'était pas annoncé vole en ondulant trois mètres devant nous. Je vais rester ici avec le matériel, Arnaud va continuer seul avec juste un paire de jumelles...

Je suis assis sur ma valise et observe Arnaud partir, ravi de tenter une approche. Je surveille du coin de l'oeil se qui se passe dans la longue vue braquée vers le dortoir ; je profite également de la rivière et de tout le paysage qui s'offre à mes yeux.

Une héron a bien failli se poser sur la rive d'en fasse, mais il m'a vu au dernier moment. De toute façon, l'objectif de 300 mm n'aurait pas suffit, et je n'ai pas suffisemment de lumière pour installer le doubleur.

Le martin pêcheur de tout à l'heure fait le tour du propriétaire et se déplace d'un perchoir à l'autre.

Depuis un quart d'heure, la température remonte un peu ; l'herbe blanchie par le givre commence tout juste à reprendre sa couleur. Côté cormorans, il n'y a pas de changements. De temps à autre un groupe comptant jusqu'à 15 oiseaux s'envole du dortoir pour se diriger vers l'aval et disparaitre de ma vue ou remonter en amont pour passer à peu de distance. Toujours à cause du manque de lumière, je ne peux déclencher. Les oiseaux en vol nécessitent des vitesses au moins égales au 250ème.

Arnaud revient. Son approche à durée 3/4 d'heure mais il est arrivé à environ 6 mètres d'une cormoran posé.

Empoignant à nouveau nos kilos de matériel, nous empreintons le chemin qu'Arnaud vient de découvrir. Nous faisons très peu de bruit ; nous sommes concentrés sur notre progression. Pour éviter d'être découverts par les centaines d'yeux alertes, nous nous écartons de la rive et rentrons sous la végétation. Arpès quelques mètres sous les arbres, le silence est brisé par l'envol lourd d'une bécasse que je viens d'effrayer...