| Le retour du printemps.
Un faucon de petite taille traverse une vigne sur la droite de la route. C'est le troisième depuis quelques minutes. Les vitres ouvertes laissent entrer l'air frais, et le soleil rend les après-midi d'avril agréables.
Déjà, les observateurs des associations de protection de la nature sont au col de l'Escrinet. Une dizaine de jeunes sont installés sur une butte près de la route. Longues vues sur les trépieds ou jumelles autour du cou. Les regards sont rivés vers le sud.
Les oiseaux qui remontent sont vus de loin et celui qui voit indique aux autres : "un rapace au dessus de la ferme", "à gauche de la colline", "trois oiseaux en face", petit faucon à droite, à trois mètres du sol", etc Et les longues vues se dirigent vers l'endroit désigné pour identifier l'oiseau. Lorsque les avis correspondent, le scripte prend note de l'espèce.
Ainsi se fait le comptage des oiseaux remontant vers le nord après avoir passé les mois d'hiver en Afrique pour la plupart.
Deux cigognes noires interpellent maintenant le regard pendant qu'un faucon passe discrètement à l'opposé. Mais les yeux entrainés ne le laisse pas échapper.
Avec l'appareil, je réalise juste quelques images du groupe d'observateurs affairés et une vue générale du col.
Les oiseaux remontant vers le nord, je me trouve avec le soleil de face ; faire des silhouettes n'est pas très intéressant.
Il fait environ vingt degrés au soleil, mais il faut être à l'abri du vent aujourd'hui car ça souffle et la température descend de plusieurs degrés dès qu'on passe le sommet de la butte qui nous protège.
Le mistral est pratiquement une obligation pour voir des oiseaux remonter vers le nord. En effet, les oiseaux migrateurs utilisent le vent... de face.
Pour diminuer les efforts ; ils ont simplement à incliner les ailes pour prendre de l'altitude ou pour avancer. C'est exactement la méthode utilisée par les avions.
Les rapaces ont en plus une deuxième façon astucieuse de voler : en profitant des courants chauds.
Lorsqu'un village, un plateau rocailleux, un aspect du paysage ou un relief établi des courants chauds ou des courants d'air ascendant, les oiseaux se mettent à tournoyer au dessus de l'endroit, ils décrivent des cercles et s'élèvent haut dans le ciel. Je les ai observé de cette manière l'automne dernier. Sortant de chez moi, l'habitude me fait lever les yeux et apercevoir un groupe de rapaces suivre l'axe nord-sud à basse altitude. Ils sont douze, douze milans noirs alignés se laissent couler sans produire le moindre effort. Arrivant au dessus de ma tête, le premier se mets à tourner, suivi par le deuxième et ensuite les dix autres, comme si chacun devaient suivre une ligne imaginaire formée d'arrondis et de lignes droites.
Ils forment un cercle au dessus des toits du village desquels s'élève l'air chaud du à la reflexion du soleil. Ils montent ainsi dans le ciel, gagnent de l'altitude et doivent être à trois cent ou quatre cent mètres d'altitude lorsque le premier, suivi du deuxième et ensuite des dix autres, décide de reprendre son vol plané vers l'Afrique. Je leur souhaite bonne route et bon séjour au soleil.
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